A l'heure où
la région de Bruxelles se retrouve tétanisée par l'état d'alerte "niveau 4" ; à l'heure où
avec l'accord quasi unanime du parlement, le gouvernement adopte
des mesures sécuritaires rendant quasi impossible toute contestation
sérieuse de l'ordre établi, il nous importe de sortir de l'état de
sidération où les tueries du 13 novembre nous ont plongés et de
rétablir les priorités des enjeux de la crise que nous vivons.
Sans
doute, il est vain de dissocier le djihadisme de l'Islam et de ne
considérer l'Etat Islamique (ou Daesh) que comme un sous-produit d'une modernité
mal assumée... les musulmans qui se refusent à approuver les
atrocités de Daesh en réaffirmant la dimension altruiste de leur
religion oublient que les pratiques mortifères de la charia et la
dimension guerrière du djihad sont explicitement affirmées dans le
Qoran et que l'établissement, ou le rétablissement, d'un califat,
c'est-à-dire d'un territoire géographique sacralisé par l'Islam
relève du devoir religieux. Cependant, il est tout aussi vain de
réduire l'Islam à cette dimension mortifère mais nous devrons
comprendre comment une idéologie religieuse jugée rétrograde et
médiévale devient aujourd'hui une force politique capable
d'ébranler les équilibres internationaux issus de la modernité.
Pour
cela nous devrons considérer la dimension eschatologique et
apocalyptique de ce discours islamiste radical qui ne voit dans la
modernité qu'une entreprise satanique de séduction et ne trouve que
dans la destruction – fût-elle suicidaire – les chemins de la
libération et de la restauration de la volonté divine. Dans une
certaine manière, nous retrouvons la pratique autodestructrice des
sectes millénaristes tels que le Temple du
Peuple de Jim Jones (suicidaire et meurtrière), les Davidiens de
David Koresh (suicidaire), l’Ordre du Temple Solaire (suicidaire et
meurtrière), Heaven’s Gate (suicidaire) et Aum Shinri Kyo (qui
commit plusieurs assassinats et attentats, dont celui au gaz sarin à
Tokyo en 1995) 1.
Plutôt que
de stigmatiser les seuls musulmans radicaux, c'est la structure même
du discours religieux – et peu importe la forme historique qu'elle
prend – qu'il faut mettre en cause dans ces perversions
destructrices, que l'on retrouve finalement dans toutes les grandes
religions. Mais une telle pulsion suicidaire ne peut apparaître que
dans des contextes socio-historiques marqués par des bouleversements
drastiques des rapports sociaux et politique engendrant angoisses et
désespoir.
A cet égard,
il nous faut pointer du doigt le devenir post-moderne, ou
anti-moderne, du capitalisme globalisé. A force de déstructurer les
sociétés traditionnelles et de réduire les populations à un
sous-prolétariat urbanisé, à force d'anéantir les solidarités de
classe, à force de démanteler les Etats s'ils résistent aux
processus délétères de la mondialisation capitaliste, à force de
soutenir, contre des gouvernements autoritaires certes, mais laïques,
des mouvements théocratiques et obscurantistes, à force de ne
considérer les hommes que comme une marchandise taillable et
corvéable à merci, on ne peut s'étonner que les naufragés des
utopies progressistes s'accrochent désespérément aux utopies
réactionnaires.
Au prolétariat, le capitalisme mondialisé, le libéralisme sans entrave n'apportent rien d'autre qu'une misère accrue ou, au mieux, l'illusion de liberté qui consisterait à pouvoir choisir sous des emballages différents les mêmes produits frelatés. Faut-il s'étonner que la religion, y compris dans ses formes les plus rétrogrades, apparaisse comme porteuse d'espoir. ? Faut-il s'étonner que face à la vacuité d'une vie aliénée, d'aucuns parmi les plus fragiles, les plus manipulables, préfèrent la mort en martyr ?
Au prolétariat, le capitalisme mondialisé, le libéralisme sans entrave n'apportent rien d'autre qu'une misère accrue ou, au mieux, l'illusion de liberté qui consisterait à pouvoir choisir sous des emballages différents les mêmes produits frelatés. Faut-il s'étonner que la religion, y compris dans ses formes les plus rétrogrades, apparaisse comme porteuse d'espoir. ? Faut-il s'étonner que face à la vacuité d'une vie aliénée, d'aucuns parmi les plus fragiles, les plus manipulables, préfèrent la mort en martyr ?
Notons au
passage les ambiguïtés et les contradictions des politiques menées
par les gouvernements occidentaux qui prétendent mener une « guerre
contre le terrorisme » tout en maintenant de lucratives
relations commerciales, dont les ventes d'armes, avec les Etats –
Arabie Saoudite, Qatar, Turquie - pourvoyeurs idéologiques et
militaires, ou alliés objectifs de Daesh. Il ne s'agit pas d'obscurs
manoeuvres géopolitiques, mais d'une pratique généralisée de la
maximisation des profits à court terme de la part des investisseurs
et des entreprises... le commerce, du pétrole, ou des armes passe
avant toutes considérations morales ou géopolitiques et comme les
Etats, voués au dogme néolibéral, sont incapables de réguler le
jeu économique mondial... les puissances (?) occidentales se
retrouvent enlisées dans le chaos qu'ils ont eux-mêmes engendré.
Les guerres « humanitaires » et les entreprises de
déstabilisation du panarabisme socialisant ont contribué à
démanteler tout ce qui ressemblait à un Etat moderne en exacerbant
les antagonismes tribaux et religieux. Bref, les interventions
militaires se sont – depuis 15 ans – révélées
contre-productives, stériles. Mais, myopes, voire aveugles, nos
gouvernants ne voient en guise de remède d'autres perspectives que de renforcer la cause du mal qui nous menace.
Bien sûr,
répète-t-on, il faut « riposter » au terrorisme...La
démocratie est suffisamment solide pour réprimer efficacement les
actes criminels mais en guise de riposte on nous concocte, à
la faveur d'une union nationale fondée sur l'émotion et la peur
collective, à la fois une guerre extérieure – en intensifiant des
bombardements dont on sait qu'ils seront inutiles sans une coûteuse
et longue intervention terrestre – et une guerre intérieure par le
biais d'un renforcement de l'appareil répressif et policier au
risque d'une érosion des valeurs démocratiques.
Par
ailleurs, l'efficacité stratégique de la lutte contre le terrorisme
exige que l'on désigne clairement l'ennemi, que l'on circonscrive
sans ambiguïté le domaine d'intervention, et que l'on définisse
clairement les objectifs militaires et politiques. « Annihiler
le terrorisme » ne signifie rien, puisque le terrorisme est une
modalité d'action, dont les Etats occidentaux ne se sont pas privés
d'adopter, ou tout le moins, d'encourager à l'occasion, adoptée par
divers groupes politiques.
Cependant
Daesh est plus qu'une simple organisation terroriste, c'est aussi
plus qu'une simple dérive sectaire particulièrement meurtrière...
on ne peut aborder la fascination que cette organisation exerce par
des seuls facteurs socio-psychologiques. Daesh se veut un Etat,
l'Etat Islamique par excellence, dont l'ambition outrepasse toutes
les règles du droit international et défie toute norme éthique, au
point de confiner à une hubris meurtrière qu'on n'a pas connu, en
Europe, depuis les grandes dictatures du 20e S... Dans cette mesure,
nos gouvernants n'ont pas tort d'employer le mot « guerre »,
cette catastrophe que la bienséance diplomatique tente de conjurer
en évitant l'emploi du mot. Ce qui se passe en Syrie est une guerre
civile (et non un « conflit »), ce que Daesh veut mener
est une guerre prétendument « sainte » et en tout cas
totale, dans ses objectifs, et qu'il mène à coup de massacres et de
terreur dans une conquête territoriale (en Syrie et en Irak) et par
une stratégie de terreur et de déstabilisation, en Afrique et en
Europe.
Dans la
mesure où Daesh occupe, dans les faits, un territoire aussi vaste
qu'un Etat, la « lutte contre le terrorisme » devra
aboutir à une guerre de reconquête territoriale classique.
Il me parait
vain de présenter le terrorisme islamistes comme une « riposte »
des « faibles » à l'impérialisme occidental, avec ses
bombardements et ses assassinats téléguidés... en effet cet
argument reste faible eut égard à la dimension géopolitique de
l'Etat Islamique qui présente une menace régionale bien réelle.
Ce qui
permet de faire oublier quelques facteurs sociaux, économiques et
politiques, du succès idéologique de Daesh auprès d'une partie de
nos populations en favorisant la stigmatisation de la population de
culture musulmane (et plus largement de toute la population
allochtone).
Contrairement
à ce que l'on prétend, à droite, ce n'est pas le laxisme
« multiculturaliste » qui favorise l'implantation du
djihadisme en Europe, mais bien la désintégration sociale
consécutive aux politiques austéritaires et antisociales et à la
marginalisation culturelle et politique des laissés-pour-compte.
Dans les milieux culturellement non touchés par l'islam, la
désintégration prend d'autres formes – de la délinquance
ordinaire, ou mafieuse, à la dérive politique ultra-droitière,
celle des skinhead, des suprématistes et des hooligans, plus
marginalement dans l'adhésion sectaire. Dans les milieux de culture
musulmane, la dérive est semblable mais la rupture politique prend
la forme du djihadisme, qualifié souvent « d'islamo-fascisme »...
Les politiques « multiculturalistes » menées naguère
par les coalitions gauche-écologistes ont été une tentative
d'intégration politique et sociale qui ont souvent mené leur fruit,
en favorisant l'émergence, dans les milieux immigrés, d'une classe
moyenne parfaitement intégrée.
Nous
gouvernements ont négligé l'impact du religieux comme facteur
d'identité au moment même où les identités de classe se sont
désagrégées en même temps que la conscience de classe ouvrière.
A cet égard, les politiques libérales et les pratiques managériales
des entreprises ont réussi leur coup puisque ces idéologies
religieuses, profondément réactionnaires, s'accommodent fort bien
de l'exploitation capitaliste. Au point que les revendications ou
sentiments identitaires, jadis culturelles, sociales, nationales ou
linguistiques, se réduisent actuellement à des affirmations
d'identité religieuse : la religion se vit comme un
particularisme identitaire plus que comme une adhésion à une
doctrine.
Ce qui est
inattendu peut être, c'est l'extension en Occident d'un islamisme
anti-occidental qui, en fin de compte, exploite le ressentiment
suscité par le déni de reconnaissance sociale de l'identité
musulmane et séduit par la représentation utopique d'une société
totalement régie par la charia (dont il ne faut pas oublier la
dimension sociale, au-delà des aspects répressif).
Ici encore,
les pouvoirs publics ont joué (en Belgique, particulièrement) avec
le feu. En ignorant l'impact du salafisme, importé en Belgique à la
faveur d'alliance géopolitiques avec l'Arabie Saoudite. Or c'est
cette forme rétrograde de l'islam qui fonde l'idéologie de Daesh.
On a sans doute trop compté sur la morale religieuse pour juguler,
chez les jeunes les tentations pouvant mener à la délinquance.
Choisir la religion pour combattre la délinquance ordinaire des
jeunes maghrébins marginalisés fut un mauvais calcul.
Mais la
réponse laïque, qui stigmatise les signes extérieurs de
l'appartenance religieuse, est sans effet. D'abord parce que notre
Etat n'est pas laïc, il est simplement neutre et reconnaît
officiellement, en les subsidiant, les religions monothéistes...ce
qui amène, dans la politique scolaire en particulier, à de
nombreuses contradictions. Ensuite, parce que la stigmatisation de
ces signes extérieurs en font un symbole de résistance culturelle,
autant qu'un symbole supposé d'aliénation. En fait, c'est tout le
rapport entre l'Etat et les autorités religieuses qu'il faut
revoir : l'Etat ne doit reconnaître aucune religion, et séparer
totalement l'éducation religieuse – qui doit rester privée - de
l'éducation scolaire. Cela implique la nationalisation totale de
l'enseignement, la fermeture ou la nationalisation des écoles
confessionnelles, et le contrôle étatique des lieux de culte afin
qu'il ne s'y diffuse pas des discours antidémocratiques.
L'effet de
sidération des attentats est voulue par Daesh... mais nous ne
pouvons faire l'économie d'une lucidité autocritique profonde sous
le prétexte de l'urgence d'une riposte militaro-policière.
Certes la
riposte militaire doit être drastique, mais elle devrait être
pensée sur le long terme et être menée par une coalition
internationale sous l'égide de l'ONU. Elle viser la destruction des
infrastructures de l'Etat islamique et à l'occupation du territoire
par une autorité internationale pour y reconstruire une société
démocratique.
Daesh doit
être considéré – par ses pratiques génocidaires et
esclavagistes - comme une organisation criminelle contre l'humanité,
et ses dirigeants jugés par un tribunal pénal international. Les
manifestations de sympathie ou de soutien à la politique de Daesh ou
à son idéologie relèvent, sur le plan pénal, de l'apologie du
crime contre l'humanité.
Mais je
doute de l'efficacité des ripostes purement militaires et policières
si elles ne se conjuguent pas avec un combat politique et idéologique
intense.
Face à un
tel ennemi dont la politique ne manque pas de séduire en dépit des
atrocités commises, il convient, comme le relevait justement
Dominique de Villepin dans une interview donnée en 2014 à france 2,
« d'employer la force de l'esprit, la ruse, les
moyens de la paix pour désolidariser des forces qui s'agglutinent
autour de ces forces terroristes » 2.
Autrement dit, il faut d'une part décrédibiliser Daesh aux yeux de
ceux-là même qui sont susceptibles de les rejoindre mais surtout,
il faut stériliser les ressources financières dont Daesh dispose.
Daesh acquiert des armes, qui les leur fournit ? Qui finance
Daesh ? Qui achète le pétrole exporté par l'Etat islamique ?
Quel est le rôle de l'Arabie Saoudite, du Qatar, de la Turquie... ?
Une révision de la politique internationale et des
alliances géopolitiques en remettant en avant les considérations
éthiques en favorisant les échanges avec les Etats qui nous sont
culturellement proches. Ne pas permettre que ces derniers
investissent, d'une manière ou de l'autre, dans nos régions dans
des secteurs économiques d'importance stratégique.
A plus long
terme, réviser la politique de défense en supprimant les
interventions extérieures – à l'exception de celles décidées
par le Conseil de sécurité de l'ONU – mais en renforçant le
potentiel de défense intérieure. Cela peut impliquer une
intégration meilleure de l'armée et de la population par le biais
d'un service militaire généralisé et modernisé – tout en
laissant des possibilités de service civil pour les objecteurs de
conscience et pacifistes.
L'opinion
publique, obscurcie par le discours délétère de la droite extrême,
lie la question migratoire au danger islamiste. La population
musulmane ne constitue qu'une minorité des migrants économique, et
parmi les réfugiés qui arrivent en masse du proche-orient ou
d'Afrique, nombre d'entre eux fuient les exactions des islamistes. La
crise des réfugiés résulte principalement de la politique
occidentale, et en particulier, de la fermeture des frontières.
L'accumulation des murs et des barbelés, la multiplication des camps
de rétention, les pratiques d'expulsion montrent à suffisance qu'on
est loin du « laxisme » dénoncé par la droite. Au
contraire, cette « rigueur » s'avère contre-productive,
parce qu'elle jette les migrants dans les filets des réseaux
mafieux, et s'avère extrêmement coûteuse, sur le plan humain comme
sur le plan économique.
Adopter une
politique volontariste d'intégration politique et culturelle des
migrants. Restaurer pleinement un droit à l'asile politique,
reconnaître le droit à l'asile économique et climatique, en
organisant l'accueil et en instaurant des corridors humanitaires pour
contrer les trafics humains illégaux me parait être des mesures
politiques appropriées pour mieux gérer l'accueil des réfugiés et
migrants que de les abandonner aux trafiquants. Il ne s'agit ni de
laxisme ni d'abolir les frontières, il s'agit de se doter des
infrastructures de transit et d'accueil qui permettra de concilier
accueil humanitaire et sécurité publique. Une grande partie des
problèmes est lié à la restriction du droit d'asile et de migrer,
est due à l'absence de structure d'accueil et d'intégration :
les exilés se retrouvent trop souvent dans la rue au mépris de
leurs droits élémentaires et au détriment de la sécurité
publique. En renforçant les structures d'accueil et d'intégration,
en régularisant les sans papiers, en intégrant les migrants dans le
circuit de travail, on contrôle plus efficacement ces personnes tout
en leur donnant la sécurité dont ils ont besoin.
Il ne faut
pas oublier enfin, lorsqu'on considère les causes profondes de
l'émergence de Daesh, de désigner la cause principals : à
savoir l'aliénation sociale, culturelle et politique induite par le
capitalisme.
Dans un
article récent publié sur le site de « la sociale »,
Denis Collin écrit justement que “La
lutte contre le « terrorisme » sans lutte contre le
capitalisme, c’est de la « moraline », comme disait
Nietzsche, des discours doucereux pour endormir les citoyens et faire
avaler toutes les pilules amères qui vont s’appeler état
d’urgence, interdiction des manifestations, régression sociale au
nom de « l’union nationale ...».
3
On ne peut que s'accorder avec cette assertion.
Anéantir
l'Etat islamique, comme le promet Obama, sans détruire le
capitalisme serait – paraphrasons Brecht - exterminer la bête
immonde sans se préoccuper du ventre si fécond en monstruosités
qui l'a engendré.
Il faut
remettre la lutte de classes au centre de la problématique
politique, et avec elle, la question du rôle de l'Etat dans
l'économie. Ce qui implique la restauration des souverainetés
étatiques mises à mal par l'Union européenne, souveraineté qui peut
être élargie à plusieurs nations par le biais d'alliances et de
traités régionaux. Bref, remettre au programme politique des
questions aussi cruciales la nationalisation des secteurs économiques
stratégiques – tels que l'énergie, les communications,
l'industrie lourde, l'agriculture... - la collectivisation des
entreprises et la remise en cause des traités européens afin de
restaurer les souverainetés nationales en matière économique et
sociale.
Tout
le problème est de définir une stratégie politique capable de
renverser le rapport de force en faveur du prolétariat. La fragilité
d'un mouvement ouvrier en déclin, la crise économique et la manière
dont l'union européenne impose aux peuples, au mépris de leur
souveraineté et de leurs droits élémentaires, une austérité les
confinant à la misère, la faiblesse des forces politiques
anticapitalistes et leur incapacité de mener à bien un combat
victorieux (on reste, dans l'extrême-gauche dans la logique du
ressentiment, de la revendication et de la protestation stérile )
ont conduit à l'effondrement conscience politique critique qui
puisse être assumée par les classes dominées.
Tout laisse
penser que les mesures d'urgence deviendront pour de longues
semaines, des mesures d'Etat d'exception propices à l'anéantissement
des mouvements sociaux et rendant possible, l'établissement graduel
et légal, d'un Etat autoritaire, voire despotique, à la faveur d'un
– toujours possible – glissement de l'opinion publique vers
l'extrémisme droitier.
A moins que
la crise actuelle, qui nous met littéralement face à la perspective
d'une guerre prolongée (sous une forme inédite peut-être-) soit un
facteur d'effondrement du capitalisme et des monstres réactionnaires
qu'il a engendrés
Patrice
Deramaix
22 novembre
2015
notes :
1 Voir
le compte rendu de Élisabeth
CAMPOS, 2000, Sectes et millénarisme
(Dérives suicidaires et meurtrières),
coll. « Mosaïque », Montréal, MNH / Anthropos, par
Martin Geoffroy in Religiologiques -
http://www.religiologiques.uqam.ca/26/26recensions/Campos.html
2 Cité
par la Libre Belgique du 15 novembre 2015 -
http://www.lalibre.be/actu/international/dominique-de-villepin-se-dire-en-guerre-c-est-faire-le-jeu-de-l-ennemi-5648d2073570bccfaf0ee72e
3 Denis
Collin, Le sommeil de la raison engendre des monstres, in La
Sociale :
http://la-sociale.viabloga.com/news/le-sommeil-de-la-raison-engendre-des-monstres